De la même période
Haut Empire Romain
|Déplier Analyses
|Déplier Documents
De la même région antique
Campanie
|Déplier Analyses
|Déplier Documents

  Haut Empire Romain   :|:   Document

Proue de la quinquérème d’Ulysse derrière Polyphème et Galatée à Pompéi

réf. : fr.1855.2019 | 13 janvier 2019 | par Francis Leveque
peinture | Milieu du Ier siècle ap. J.-C.
Pompei, Campanie ( Italie )
Twitter Twitter

Sur un seul panneau l’artiste a su suggérer deux mythes autour de Polyphème. Le navire d’Ulysse menace le géant confondu ici avec le Cyclope.

Cette maison se trouve dans la partie sud de Pompéi, entre le forum et l’amphithéâtre (Regio III, Insula 7, maison 7). Elle fut fouillée en 1912 et 1924. Elle tient son nom d’une inscription sur le mur extérieur, dans la rue : « Amandus sacerdos ». La fresque qui nous intéresse provient mur sud du triclinium.

Le thème représenté sur ce panneau reproduit les amours du géant Polyphème et de Galatée, nymphe de la mer. Au dessus d’eux, à droite, une forte galère menaçante apparaît comme si elle contournait l’île. Cela rappelle Ulysse arrivant au pays des Cyclopes comme le raconte Homère au chant IX de l’Odyssée. Le Cyclope Polyphème y élève des moutons et habite dans une grotte.

Le navire de guerre

De nombreux soldats équipés de boucliers ronds occupent le pont du bateau jusqu’au dessous du faux-stolos. Le pont de combat est également protégé par un pavois où sont fixés d’autres boucliers. La courbure des étais montre comment ce pont de combat est fixé en surplomb du bordé, en encorbellement à hauteur de la préceinte.

La proue dispose des éléments caractéristiques des navires de guerre de l’époque. l’étrave est verticale. Un éperon peu visible glisse sous la ligne de flottaison (on en distingue les remous). Un petit prembolon à hauteur de la préceinte sert de butoir. Il forme comme un nez d’un visage avec l’oeil apotropaïque peint sur chaque face de la proue. Un faux-stolos en volute surmonte l’étrave et protège un pont ou un gaillard à l’avant.

L. Basch voyait dans ce navire une quinquérème où les 3 niveaux de rames devaient pendre appui sur l’apostis que forme le pont de combat. Or je pense qu’il interprète mal l’espace sombre entre les 3 premières rames et les suivantes. Je pense que les 3 premières rames à droite nous montrent la disposition de trois rangs de rames qui sortent immédiatement de la coque, sans besoin d’un apostis. Par un effet de perspective, les rames suivantes, qui ne sont que la représentation du dernier rang, semblent sortir de dessous les étais du pont de combat avec un décalage avec les premières. Celles-ci sortiraient d’un apostis (caisse de rames). L’espace noir entre les 3 premières rames et la première du rang supérieur correspond peut-être à un espace vide ou à l’emplacement d’un 5e rang dont les rames sortiraient du dessous de la caisse de rames pour obtenir un décalage plus léger. On aurait là une quinquérème avec 5 rames et un nombre indéterminé de rameurs.

Parmi les autres panneaux peints de ce triclinium, on trouve Persée libérant Andromède (mur ouest), Héraclès dans le jardin des Hespérides (mur nord), la chute d’Icare (mur ouest).

                    

Bibliographie :

  • W.J.T. Peters, Landscape in Romano-Campanian Mural Paintings, Van Gorcum & Comp. , 1963, p.91-94, fig. 78
  • L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p.444-445, n° 977
  •