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Le vase François
réf. : fr.284.2008 | 20 octobre 2008 | par Francis Leveque
céramique | Début du VIe siècle av. J.-C.
Chiusi, Etrurie ( Italie )
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Ce cratère qui servait à mélanger le vin et l’eau pour les banquet est l’un des plus décorés de scènes mythologiques. Réalisé et peint par des grecs, il a été vendu à un étrusque qui devait partager la culture véhiculée par la riche imagerie grecque et qui devait en tirer une certaine fierté.

 

Lorsque, dans la seconde moitié du VIIe s. et surtout pendant le VIe s., les ateliers athéniens reprennent leur suprématie sur le marché de la céramique grâce à la maîtrise du style des figure noires sur fond rouge, les peintres choisissent à nouveau le navire comme thème de prédilection.

Ce cratère dit "vase François" est signé Clitias (peintre) et Ergotimos (potier). Importé en Etrurie, découvert à Chiusi, il est l’un des plus anciens vases d’Athènes exportés vers l’Étrurie, vers 570 av. J.-C. Clitias avait rompu avec les dernières réminiscences géométriques encore décelables du style proto-attique. Cette peinture est sans doute une oeuvre originale, une description de navire exécutée de première main.

Le programme iconographique composé de très nombreuses scènes mythologiques est centré sur les figures d’Achille, le héros homérique, et de Thésée, le héros athénien.

La triacontore de Thésée

Parmi ces scènes mythologiques peintes par tranches superposées au flanc du vase figure, au sommet, le navire de Thésée abordant Délos en provenance de Crête, où il a tué le Minotaure. La tradition voulait que ce navire fût une triacontore : une galère légère à 15 rameurs par côté.
L’image est mutilée, seule subsiste la partie arrière du navire. Elle nous montre un mat abattu dont la base devait se trouver à l’extrémité gauche de ce qui subsiste de la galère. Ceci constitue un indice précieux : le mat sur les navires archaïques devait se trouver à peu près au centre du navire.

Une double rangée de lisses parallèles est attachée par des liens en croix sur des étais régulièrement espacés. Les rames sont tracées à la peinture blanche qui avait disparue et qui a été restaurée. Or un dessin ancien montre que 3 rames (2, 8 et 9) reposaient sur la lisse basse (actuellement seule la rame 9). B. Landström a conclu à la représentation d’une dière. Or le désordre qui règne sur le navire ne peut amener à considérer les rames dans leur état fonctionnel. La lisse est également trop haute pour servir de point d’appui.

Nous sommes plus certainement, comme le proposait L. Basch, en présence de lisses de fargue qui s’expliquent aisément sur un navire aussi bas sur l’eau. J. Taillardat ("A propos d’Alcée, fr. 6, v 1-8, Lobel-Page", Revue de Philologie, 39, 1965, p. 80-89) a montré, en commentant un texte d’Alcée, poète du VIIe s., que l’opération consistant à munir en toute hâte un navire de fargues devant l’imminence d’un tempête était des plus familières aux marins grecs. Cette rapidité d’exécution suppose que le navire était équipé en permanence de la structure sur laquelle la fargue, probablement une longue bande de toile, pouvait être fixée.

La poupe est légère : l’aphlaston est composé de courbes presque graciles et d’une tête de volatile déjà annoncé par le bandeau d’or du Céramique. Il est clair qu’on abordait le rivage par la poupe dont la forme devait permettre le glissement sur la plage.

Ce qui reste de la proue ne permet que d’admirer l’éperon en forme de tête de sanglier, ce qui en dit long sur sa solidité et son rôle guerrier potentiel.

Dimensions :
- hauteur : 66 cm,
- diam. max : 57 cm

Parmi les scènes mythologiques

La frise principale illustre les noces de Thétis et Pélée, les parents d’Achille image principale. Un défilé de chars, accompagnés de très nombreux personnages, occupe la partie centrale de la scène. Malgré les lacunes et grâce aux inscriptions, on y reconnaît les dieux de l’Olympe, notamment Zeus et Héra, Athéna, Hermès, mais aussi des divinités secondaires, comme les Muses.

Sur les anses, l’un des tableaux les plus remarquables du cratère est celui qui figure Ajax ployant sous le poids du cadavre d’Achille, tué par Pâris devant les murs de Troie.

Dionysos est le seul dieu représenté deux fois sur le Vase François qui est en fait un cratère. Ce type de récipient servait à mélanger le vin et l’eau pendant les banquets. À Athènes, à l’époque d’Ergotimos et Clitias, les familles les plus puissantes se référaient à ces épopées et utilisaient la poésie pour véhiculer leurs valeurs aristocratiques. Ces valeurs aristocratiques devaient être partagées par les habitants de l’Etrurie, dans un contexte culturel différent et pour lesquelles ils devaient faire leur propre lecture.

 
 
                                            
 

Bibliographie :

  • L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p.204-205, n° 425
  • Fr. Lissarague, Greek Vases : The Athenians and Their Images [trad.], New York , 2001
  • Fr. Lissarague, Vases grecs. Les Athéniens et leurs images, Hazan, Paris , 1999
  • M. Torelli, Le strategie di Kleitias. Composizione e programma figurativo del vaso François, Mondadori Electa , 2007
  • A. Minto, Il Vaso François, Florence , 1960
  • T.H. Carpenter, Art and Myth in Ancient Greece : A Handbook, Thames and Hudson, London , 1991
  • B. Kreuzer, Zurück in die Zukunft ? ’Homerische’ Werte und ’solonische’ Programmatik auf dem Klitiaskrater in Florenz, in Jahreshefte des Österreichischen Archäologischen Institutes , vol. 74, 2005 , 2005, vol. 74, p.175-224
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