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La chute d’Icare dans la maison du Sacerdos Amandus à Pompei

réf. : fr.1451.2019 | 12 janvier 2019 | par Francis Leveque
peinture | Milieu du Ier siècle ap. J.-C.
Pompei, Campanie ( Italie )
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Récit mythologique complet en un seul tableau, l’auteur de cette peinture a réussi une prouesse narrative exceptionnelle tout en réussissant à donner une perspective à l’ensemble.

Cette maison se trouve dans la partie sud de Pompéi, entre le forum et l’amphithéâtre (Regio III, Insula 7, maison 7). Elle fut fouillée en 1912 et 1924. Elle tient son nom d’une inscription sur le mur extérieur, dans la rue : « Amandus sacerdos ». La fresque qui nous intéresse provient mur est du triclinium.

Le thème représenté est celui du mythe d’Icare que l’on voit ici avec des ailes, à la renverse dans le ciel.
Icare est le fils de Dédale qui travaille pour le roi Minos. C’est lui, Dédale, qui construit le labyrinthe pour y cacher le Minotaure, fils de la reine Pasiphaé et d’un taureau blanc donné par le dieu Poséidon. Dédale est aussi celui qui conseille à Ariane, fille de Minos et Pasiphaé, de doter Thésée d’un fil pour lui permettre de ressortir du labyrinthe après avoir tuer le Minotaure.
Suite à ses trahisons multiples, Minos condamne Dédale à l’enfermement dans le labyrinthe. Pour fuir, alors que Minos contrôle les mers, Dédale eut l’idée de fabriquer des ailes semblables à celles des oiseaux, confectionnées avec de la cire et des plumes. Il met en garde son fils, il lui interdit de s’approcher trop près de la mer, à cause de l’humidité, et du soleil, à cause de la chaleur. Mais Icare, grisé par le vol, oublie l’interdit et prend de plus en plus d’altitude. La chaleur fait fondre la cire et il en perd ses plumes. Sa chute le précipite dans la mer qui porte alors désormais son nom.
Pour Pausanias, auteur du IIe s. ap. J.-C., Dédale et Icare fuient la Crète dans de petites nefs. Puis le corps d’Icare est retrouvé sur les rives de l’île de Samos par Héraclès, qui lui donne une sépulture.

Sur cette peinture on retrouve Icare en plein vol mais il est déjà en train de chuter. Au dessous, deux embarcations avec de nombreux personnages sur le pont qui regarde l’événement dans le ciel, vers une zone qui a largement disparu. A droite, les murs d’une cité mythifiée, sans doute la représentation de la cité de Minos. Au premier plan, deux personnages (deux femmes ?) au pied d’un colonne au sommet de laquelle se trouve une urne cinéraire, regardent la scène : l’une le regard vers le ciel, l’autre vers l’homme étendu mort sur le rivage.

Les barques peintes sont de petite taille. Elle sont propulsées par 3 rames de chaque bord. A gauche, elles disposent d’une pointe largement au dessus des flots, à droite un aplustre à une branche en S au dessus de la poupe convexe.
L’agrandissement proposé par L. Basch, centré sur les barques, éclaire la structure de cette barque. L’étude de l’équipage nous permet d’orient la barque. Deux grands personnages, les bras tendus vers le ciel, sont les passagers. Pour chacune des rames une silhouette sombre dépasse du plat bord, légèrement à la gauche de chacun. Il s’agit des rameurs, le dos tourné vers la gauche. Tout à droite, sous l’aplustre, une autre silhouette sombre manipule un aviron (plus ou moins masqué pas la fissure de la peinture) dont l’inclinaison diffère de celle des rames. Il est surmonté par un autre personnage qui semble tendre un perche.
Donc la pointe à l’extrémité gauche correspond à la proue et la droite à la poupe, où l’on n’est pas surpris d’y trouver un aplustre à une branche. La pointe de la proue n’est en fait pas un éperon mais un tableau en perspective comme on en trouve parfois.

Parmi les autres panneaux peints de ce triclinium, on trouve Persée libérant Andromède (mur ouest), Héraclès dans le jardin des Hespérides (mur nord), les amours du géant Polyphème et de Galatée (mur sud).

                    

Bibliographie :

  • L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p.471, 473, n° 1065
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